Chapitre 20
Leurs lois constituent le fondement dangereux de traditions purement artificielles. Elles sont autant de prétextes qui n’ont pour objet que de justifier une éthique factice.
Commentaire gowachin sur le droit co-sentient.
Pendant qu’ils s’habillaient à la lueur de l’aube qui pénétrait par l’unique fenêtre, McKie essaya de sonder Jedrik pour savoir jusqu’à quel point elle entendait être son professeur.
« Tu accepteras de répondre à toutes les questions que je te poserai sur Dosadi ? »
« Non. »
Quels devaient être les domaines réservés ? Il était facile de deviner la réponse : les secteurs où elle puisait et exerçait son pouvoir personnel.
« Est-ce que cela risque de déplaire à quelqu’un, que nous ayons… eu des relations sexuelles ? »
« Déplaire ? Pourquoi cela déplairait-il à quelqu’un ? »
« Je ne… »
« Réponds-moi ! »
« Pourquoi serais-je obligé de répondre à toutes tes questions ? »
« Pour demeurer en vie. »
« Tu sais déjà tout ce que… »
Elle fit un geste d’impatience.
« Ainsi, tes fameux Co-sentients sont parfois mécontents des relations sexuelles des autres. Donc, ils ne savent pas très bien utiliser le sexe pour établir des rapports de force. »
Il cilla plusieurs fois. Ses analyses à l’emporte-pièce étaient dévastatrices.
Elle le dévisagea curieusement.
« Que peux-tu faire sans moi tant que tu es ici ? Tu n’as pas encore compris que ceux qui t’envoient voulaient que tu sois tué ? »
« Ou que je survive à ma manière. »
Elle médita ces mots. Elle avait sur McKie un certain nombre d’idées qu’elle avait mises provisoirement de côté pour les examiner plus tard. Il avait très bien pu lui cacher des talents que ses questions n’avaient pas encore permis de découvrir. Ce qui l’ennuyait le plus, c’était l’impression qu’elle avait de ne pas savoir assez de choses sur la Co-sentience pour continuer de sonder McKie. Elle n’avait pas suffisamment de temps pour résoudre convenablement ce problème. La réponse qu’il venait de lui faire la mettait mal à l’aise. Tout se passait comme si chacune des actions qu’elle envisageait avait déjà été décidée pour elle par des autorités dont elle ne savait pratiquement rien. Elle était menée par le bout du nez, peut-être, tout comme Broey l’était par elle… tout comme McKie l’était, visiblement, par ces mystérieux Gowachins de la Co-sentience… pauvre McKie. Mais elle coupa court à ces spéculations qu’elle jugeait stériles. La première chose raisonnable à faire était d’identifier les talents cachés de McKie. En les découvrant, elle apprendrait sans doute beaucoup sur la Co-sentience.
« Je détiens un pouvoir considérable sur les Humains, et même sur certains Gowachins, des garennes… et d’ailleurs », expliqua-t-elle, « pour pouvoir l’exercer, il me faut une force de combat bien équipée, notamment en armes individuelles. »
Il hocha la tête sans rien dire. Elle lui faisait la leçon comme à un enfant mais il était prêt à accepter cela et même à reconnaître la peine qu’elle se donnait pour lui.
« Nous irons d’abord voir », reprit Jedrik, « un des centres d’instruction où nous inculquons à nos troupes la combativité nécessaire. »
Elle précéda McKie dans le couloir et emprunta un escalier qui évitait la salle où se trouvait la cage. McKie songea à tout l’espace qui était perdu dans cette salle et à son étrange occupant.
« Pourquoi enfermes-tu Pcharky dans une cage ? » demanda-t-il en descendant derrière elle.
« Pour pouvoir m’échapper. »
Elle refusa de commenter cette réponse sibylline.
Ils débouchèrent dans une cour enserrée par les murailles vertigineuses de gigantesques immeubles. Un minuscule carré de ciel était visible très haut au-dessus de leur tête. La seule lumière qui les éclairait venait de tubes fixés aux murs. Au milieu de la cour, deux groupes d’exercice se faisaient face. Ils étaient uniquement composés d’Humains des deux sexes, armés d’une sorte de tube prolongé du côté du corps par une tige souple. Plusieurs autres Humains entouraient les deux groupes en tant qu’observateurs. Il y avait un poste de garde avec une table et deux chaises à l’endroit où Jedrik et McKie avaient débouché.
« C’est un de nos commandos », fit-elle en indiquant les groupes d’exercice. Puis elle alla échanger quelques mots avec les deux jeunes hommes de garde.
McKie compta mentalement les deux groupes. Il y avait environ deux cents hommes et femmes. L’exercice, de toute évidence, avait été interrompu par l’arrivée de Jedrik. Il put constater que le commando était composé d’adolescents sans doute à peine aguerris aux cruelles nécessités de Dosadi. Ce qui le conduisit, fatalement, à se poser des questions sur ses propres capacités.
En voyant le comportement de Jedrik face aux deux gardes, McKie comprit qu’elle les connaissait bien. Ils écoutaient avec attention tout ce qu’elle leur disait. Il les trouva, eux aussi, trop jeunes pour de telles responsabilités.
Le centre d’entraînement ressemblait de manière déprimante aux camps du même genre qu’il avait vus un peu partout dans les endroits les plus reculés de la Co-sentience. Pour un bon nombre d’espèces, les jeux de la guerre avaient un attrait constant que le BuSab, jusqu’à présent, avait réussi à canaliser tant bien que mal vers des exutoires tels que le fétichisme des armes.
Par-dessus l’omniprésente puanteur, McKie perçut une faible odeur de cuisine. Il renifla.
Jedrik était en train de revenir vers lui :
« Les recrues viennent de manger. Cela fait partie des avantages de l’emploi. »
On aurait dit qu’elle avait lu dans ses pensées ; à présent, elle semblait guetter ses réactions.
McKie fit du regard le tour de la cour. Ils venaient de manger ? Ici ? Il n’y avait pas une seule trace ni une seule miette par terre. Il repensa à la taverne où il avait déjeuné. Après coup, il se rendait compte que là aussi pas une miette de nourriture n’était perdue.
De nouveau, Jedrik fit la preuve de la facilité avec laquelle elle interprétait ses réactions, et même ses pensées.
« Pas de gaspillage », fit-elle. Puis elle tourna la tête.
McKie regarda dans la même direction qu’elle. Il y avait quatre femmes à l’autre extrémité de la cour. Elles tenaient chacune une arme à la main. Brusquement, l’attention de McKie se figea sur celle qui était le plus à gauche. Elle avait l’air d’être plus âgée et plus compétente que les autres. Mais surtout, elle avait à la main un… non, c’était impossible !
Jedrik traversa la cour pour se rapprocher d’elle. McKie la suivit, curieux d’examiner cette arme de plus près. C’était une version un peu plus grande du pénétrateur qu’il avait dans sa trousse ! Jedrik adressa quelques paroles brèves à la femme.
« C’est le nouveau modèle ? »
« Oui ; Stiggy nous l’a apporté ce matin. »
« Efficace ? »
« Nous en avons l’impression. Le tir est beaucoup plus précis et destructeur qu’avec nos armes ordinaires. »
« Très bien. Continuez. »
Il y avait d’autres instructeurs un peu plus loin. L’un d’eux, qui était manchot et beaucoup plus âgé, essaya d’attirer l’attention de Jedrik tandis qu’elle conduisait McKie vers la porte de sortie.
« Pourriez-vous nous dire quand… »
« Pas maintenant. »
Quand ils furent dans le couloir de l’autre côté de la porte, elle se tourna brusquement pour faire face à McKie.
« Tes impressions sur l’instruction des recrues ? Vite ! »
« Pas assez diversifiée. »
Elle avait visé, de toute évidence, ses réactions instinctives, ses réflexes viscéraux non contrôlés par la raison. La réponse illumina son visage d’une candeur émotionnelle qu’il ne devait apprendre à apprécier que bien plus tard. Elle hocha la tête :
« Dans un commando, le plus grand nombre possible de fonctions devraient être interchangeables. Attends-moi ici. »
Elle retourna dans la cour. Par la porte d’entrée ouverte, McKie la vit parler avec animation à la femme armée du pénétrateur. Quand elle revint, elle hocha de nouveau la tête en regardant McKie avec un air approbateur.
« Rien d’autre ? »
« Ils sont beaucoup trop jeunes. Il devrait y avoir plusieurs officiers d’âge mûr parmi eux pour tenir les rênes d’une impétuosité qui pourrait être dangereuse. »
« Je sais ; j’ai déjà pris des dispositions pour cela. Écoute : tu m’accompagneras chaque matin pendant une heure environ. Regarde-les s’entraîner, mais n’interviens jamais. Fais-moi seulement part de tes réactions. »
Il acquiesça sans rien dire. Elle commençait à le trouver utile et c’était déjà un pas dans la bonne direction. Mais cette mission était ridicule. Ces enfants de la violence possédaient des armes capables de rendre Dosadi totalement inhabitable. Certes, il y avait dans une situation de ce genre un appel atavique auquel il n’échappait guère lui-même, il fallait bien le reconnaître. Quelque chose dans la psyché humaine réagissait devant la violence de masse – en fait, devant n’importe quelle forme de violence. C’était lié à la sexualité humaine, et cela remontait aux époques les plus primitives.
Jedrik marchait d’un pas décidé.
« Ne t’éloigne pas. »
Elle prit un escalier qui conduisait dans les étages et McKie, qui avait du mal à suivre son rythme, se prit à réfléchir une fois de plus au pénétrateur qu’il avait vu entre les mains de cette femme. La rapidité avec laquelle les hommes de Jedrik avaient su reproduire cette arme et augmenter sa puissance le stupéfiait. C’était un nouvel exemple du genre de danger que redoutait Aritch.
Arrivée en haut de l’escalier, Jedrik frappa un léger coup à une porte. Une voix masculine répondit : « Entrez ! »
Ils se retrouvèrent dans une petite pièce déserte qui donnait, par une grande porte ouverte, sur un endroit qui paraissait plus vaste et très bien éclairé. Un bruit de voix trop faibles pour être intelligibles en provenait. La petite pièce était meublée d’une table basse et de cinq chaises qui occupaient tout l’espace disponible. Il n’y avait pas de fenêtre, mais un plafonnier en verre dépoli diffusait une lumière sans ombres. Sur la table basse était posée une grande feuille de papier couverte de graphiques de plusieurs couleurs.
Un froissement de tissu attira l’attention de McKie sur le seuil de la grande pièce. Une femme menue entra. Elle avait une blouse blanche et des cheveux gris. Son regard noir et pénétrant indiquait qu’elle avait l’habitude de commander. Elle était suivie d’un homme un peu plus grand qu’elle, vêtu d’une blouse identique. Il paraissait plus âgé, mais ses cheveux étaient d’un noir lustré. Son regard avait la même expression de commandement. Ce fut la femme qui parla :
« Pardonnez-nous ce contretemps, Jedrik. Nous avons dû apporter quelques modifications à la carte de simulation. Il n’y a plus maintenant aucun axe où Broey puisse nous devancer en empêchant la transformation des émeutes en guerre ouverte. »
McKie fut surpris par le ton de déférence servile que contenait sa voix. Cette femme se considérait comme bien inférieure à Jedrik. Son compagnon leur désigna deux chaises en déclarant sur le même ton :
« Prenez place, je vous prie. Voici la carte de simulation. »
Lorsque la femme se tourna vers lui, McKie reçut en plein visage une âcre bouffée d’haleine dont l’odeur ne lui était pas inconnue. Il en avait plusieurs fois senti des traces en passant dans les garennes. Ils s’assirent tandis qu’elle reprenait en indiquant un des graphiques :
« Ceci, nous le savions depuis un certain temps. »
Son compagnon ajouta :
« Nous vous avions avertie que Tria était prête à intervenir. »
« Elle risque de nous donner du mal », acquiesça Jedrik.
« Mais c’est Gar… » avança la femme, aussitôt interrompue par Jedrik :
« Gar fait tout ce qu’elle lui demande. Il est entièrement dominé par sa fille, pour qui il a une admiration sans bornes. Il la croit capable de… »
« Nous n’avons jamais mis ses capacités en doute », fit l’homme.
La femme en blouse blanche reprit avec animation :
« C’est son influence sur Gar qui… »
« Ni l’un ni l’autre n’a su prévoir ce que j’allais faire », coupa Jedrik. « Par contre, moi, j’ai anticipé toutes leurs réactions. »
L’homme se pencha au-dessus de la table, rapprochant son visage de celui de Jedrik. McKie le compara soudain à un fauve dangereux. Dangereux parce que ses actions étaient imprévisibles. Il agita nerveusement les mains en disant :
« Nous vous avons expliqué chaque étape de notre raisonnement. Vous connaissez chacune de nos sources, chacune de nos conclusions ; et maintenant, vous nous dites que vous rejetez notre évaluation de… »
« Vous ne comprenez pas », fit Jedrik. La femme demeurait silencieuse. Elle hocha la tête à plusieurs reprises.
« Ce n’est pas la première fois », reprit Jedrik, « que mes conclusions diffèrent légèrement des vôtres. Laissez-moi m’expliquer : Tria laissera tomber Broey à l’heure qu’elle choisira. Ce n’est pas lui qui décidera. Et il en va de même pour tous ceux qu’elle sert, même pour Gar. »
Ils protestèrent à l’unisson :
« Laisser tomber son père ? »
« Comme n’importe qui d’autre. Tria sert les intérêts de Tria, un point c’est tout. Ne l’oubliez jamais. Et gardez-vous surtout de l’oublier si elle passe un jour dans notre camp. »
L’homme et la femme demeurèrent silencieux.
McKie réfléchit à ce que Jedrik venait de dire. Une fois de plus, ses paroles semblaient indiquer qu’il y avait des gens sur Dosadi qui obéissaient à des motivations autres que personnelles. Son intonation ne laissait aucun doute. Elle blâmait Tria et se défiait d’elle parce que Tria obéissait uniquement à des motivations égoïstement signifiait que Jedrik (et par conséquent ces deux-là aussi) croyait œuvrer pour une cause commune. Était-ce une forme de patriotisme à l’échelle de l’espèce ? Les agents du BuSab étaient toujours à la recherche de ces formes dégénérées d’instinct tribal, pas nécessairement pour les réprimer mais pour s’assurer qu’elles ne risquaient pas de finir en une explosion de folie meurtrière qui mettrait la Co-sentience à feu et à sang.
La femme en blouse blanche déclara, après avoir longuement ruminé ses pensées :
« Si Tria ne peut pas être gagnée à… je veux dire que nous devrions pouvoir utiliser ses motivations égoïstes pour la tenir », rectifia-t-elle. « À moins que vous ne jugiez que nous ne pourrons pas la convaincre que nous sommes plus forts que Broey. »
Elle se mordit la lèvre en regardant Jedrik avec appréhension. Cette dernière inclina la tête d’un air perspicace.
« Quelle est votre idée ? »
La femme désigna l’un des diagrammes :
« Gar participe encore à la plupart des décisions importantes. C’est anormal, mais c’est ainsi. Il se peut… »
L’homme intervint avec une précipitation servile :
« Il tient Broey d’une façon ou d’une autre ! »
La femme secoua la tête.
« Ou alors, Broey est en train de jouer à un jeu autre que celui que nous avions prévu. »
Jedrik regarda tour à tour la femme, l’homme puis McKie. Elle parla comme si elle s’adressait à ce dernier, mais il se rendit compte qu’elle réfléchissait simplement à haute voix.
« C’est quelque chose de précis. Gar a révélé un secret à Broey. Je sais lequel. Rien d’autre n’aurait pu conduire Broey à réagir de cette manière. » Elle désigna la carte du menton. « Ils sont entre nos mains ! »
La femme posa une question d’une voix hésitante.
« Avons-nous bien travaillé ? »
« Au-delà de ce que vous pensez. »
Avec un grand sourire, l’homme intervint :
« Puis-je me permettre de profiter de cette occasion pour vous demander si nous ne pourrions pas avoir un logement plus grand ? Les maudits gamins déplacent continuellement les meubles. On se cogne à… »
« Pas maintenant ! »
Jedrik se leva. McKie l’imita aussitôt.
« Je voudrais voir les enfants », dit Jedrik. L’homme se tourna vers la porte grande ouverte.
« Amenez-vous un peu ici, vous autres ! Jedrik veut vous parler ! »
Trois enfants arrivèrent en courant de l’autre pièce. La femme ne leur accorda même pas un regard. L’homme les toisa sévèrement puis s’adressa à Jedrik :
« Ça fait presque une semaine qu’ils n’ont rien apporté à manger dans cette maison. »
McKie étudia les enfants avec attention, comme le faisait Jedrik. Ils se tenaient alignés sur le seuil et il était impossible, en voyant leur visage, de dire quelle était leur réaction devant les visiteurs. Il y avait deux filles et un garçon. Une des filles devait avoir neuf ans et l’autre entre cinq et six ans. Le garçon, qui était au milieu, était le plus âgé : une douzaine d’années au moins. Il lança à McKie le regard d’un prédateur qui reconnaît une proie facile, mais qui est déjà rassasié. Les trois enfants ressemblaient plus à la femme qu’à l’homme, mais la parenté avec les deux était nettement visible.
Ayant terminé son examen, Jedrik désigna le garçon :
« Vous pouvez l’envoyer au Centre n°2 », dit-elle.
« Ce n’est pas trop tôt », répondit la femme. « On va enfin pouvoir respirer un peu. »
« Allons-y, McKie. »
Dans le couloir, Jedrik lui fit face :
« Pour répondre à ta question, oui : ils sont tout à fait représentatifs. »
McKie, qui n’avait fait que s’interroger muettement, déglutit avec peine. Quelles piètres ambitions gouvernaient ces gens : obtenir de Jedrik un appartement plus grand où ils puissent circuler sans se cogner aux meubles. Il n’avait senti aucune affection réciproque chez ce couple. Ils étaient compagnons par commodité. Quand ils se parlaient, il n’y avait pas la moindre trace de sentiment dans leur voix. McKie avait du mal à les imaginer en train de faire l’amour, et pourtant il fallait bien qu’ils le fassent puisqu’ils avaient eu trois enfants.
Le vérité explosa soudain dans sa tête comme une bombe. Bien sûr qu’ils ne manifestaient aucun sentiment ! Quelle protection pouvaient-ils avoir autrement ? Sur Dosadi, tout ce que demandaient les gens, c’était une massue pour vous repousser sur le territoire de quelqu’un d’autre. Mais il y avait autre chose.
Il parla à Jedrik tout en descendant l’escalier derrière elle.
« Ces deux-là… ils se droguent. »
Abruptement, Jedrik s’immobilisa et se retourna pour le regarder.
« Comment crois-tu que je puisse les tenir ? Leur substance s’appelle le dis. Elle est très rare. Il faut aller la chercher très loin derrière les montagnes, au-delà de… très loin. Les Borduriers envoient des groupes d’enfants pour la ramasser. Sur cinquante, parfois, il n’en revient que vingt. Je ne sais pas si tu te rends compte de ce que cela signifie. »
Elle continua de descendre l’escalier.
McKie commençait à comprendre pourquoi elle l’avait conduit ici. Une nouvelle fois, elle avait pris le temps de lui donner une leçon sur sa planète. Il la suivit, pensif, dans une salle où des spécialistes entreprirent de lui éclaircir la peau.
Quand il en ressortit, il n’affichait plus les stigmates de la porte Pylash.